Irina l’hirondelle

Blog

,

Expliquer l’EM/​SFC n’est pas facile. Cette histoire d’Irina l’hirondelle permet de comprendre les concepts fondamentaux de l’EM sans recours à un langage médical. Elle évite aussi le recours aux métaphores techniques de la voiture ou du téléphone. Irina a des émotions et une vie sociale ! 

C’est une histoire pour les enfants, mais pas seulement. 

Par

— Publié le

Irina était une hirondelle joyeuse et pleine d’entrain. Elle adorait voler dans la campagne au-​dessus des arbres, chasser les moustiques avec ses ami-​e‑s à la tombée du jour, et se reposer en famille au chaud dans son nid.

Mais un jour, Irina attrapa un rhume. Elle toussait, elle avait de la fièvre et tout le monde décida que s’était mieux qu’elle reste dans le nid. Ses frères et soeurs lui apporteraient des moustiques pour le repas, comme quand iels étaient petits.

Plusieurs jours passèrent ainsi. Elle toussait moins. La fièvre se levait. Et puis, Irina se dit qu’il était temps de reprendre son vol. Elle s’ennuyait dans le nid, seule, elle entendait les autres voler, chanter, crier et s’amuser. Alors, elle se mit sur le seuil de son nid, puis ouvrit les ailes.

Elle avait un peu froid, elle sentait la brise, alors elle attendit un peu avant de se lancer dans les airs. Et puis elle s’élança. Quelques mètres hauteur, elle retomba, évita l’étang de justesse et se posa sur une branche de l’arbre. Ouf ! Elle n’était pas arrivée loin et elle était déjà fatiguée. Ses amies paradaient dans le ciel, entre les nuages, très très loin au-​dessus d’elle.

Elle regarda ses ailes et se rendit compte qu’il lui manquait une ou deux plumes. Ça alors ! Quel mystère !

Elle se reposa un long moment sur la branche. Et puis, elle prit son courage à deux mains et s’élança à nouveau. Elle battit l’air de toutes ses forces, monta en hauteur, rejoint ses amies, cria de joie, attrapa un moustique et demi, et patatras ! Elle s’effondra.

Épuisée, elle dut rentrer à pattes jusqu’à son nid.

Adriana vint la voir et lui dire : “Alors comme ça, tu ne veux plus voler avec nous ? ”

“Non, Adriana. J’aimerais tellement. Mais je crois que je ne suis pas remise de mon rhume. Je n’y arrive vraiment pas. Regarde, il me manque même des plumes ! Je vais me reposer et me soigner, et on verra bien.”

Ses frères et soeurs continuèrent à lui apporter des moustiques pour qu’elle puisse manger. Elle resta au chaud quelques jours de plus. 

Quand Irina voulut s’envoler à nouveau, elle regarda d’abord ses ailes. Elle vit qu’il lui manquait une dizaine de plumes, et de chaque côté ! Ses ailes étaient toutes trouées. Le vent passait à travers. Elle ne pourrait jamais voler comme ça. 

Ariana et ses amies lui disaient : “bas des ailes plus vite, tu prendras de l’altitude !” Elle avait beau battre vite, très vite, très très très vite ses maigres ailes, elle n’arrivait pas à prendre de la hauteur. Elle retombait, alors que ses amies planaient tranquillement, elles qui avaient toutes leurs plumes.

Irina avait mal aux pattes. Mal au bec. Mal aux yeux. Mal au ventre. Et rien n’y faisait. Elle essayait tout ce qui était possible, rien ne s’améliorait. Elle consultait l’aigle, le hibou, le moineau, personne n’arrivait à l’aider. Elle était très très triste. Elle était désespérée. Elle allait devoir rester ici seule quand toute sa colonie migrerait vers le Sud pour l’hiver. Car personne ne pouvait l’aider.

Oh ça, tout le monde avait son point de vue ! “Tu devrais faire ceci”, “tu devrais essayer cela”… Mais rien ne marchait. 

Alors, les oiseaux finirent par lui dire “C’est ta faute si tu n’arrives pas à voler ! C’est parce que tu ne veux pas vraiment être avec nous !”

Elle essaya de se défendre, et d’expliquer qu’à chaque fois qu’elle volait, elle perdait encore plus de plumes. Tous les oiseaux savent bien que sans plumes, on ne peut pas voler ! Elle trouvait que c’était très injuste.

Ses frères et soeurs lui apportaient de moins en moins souvent de moustiques. Iels disaient : “Nous aussi on est fatigués de travailler pour toi. Toi qui ne fais rien de toute la journée ! Tu ne veux même plus parler avec nous, tu dors tout le temps !”

Irina leur dit : “J’ai consulté tous les oiseaux, et personne ne peut m’aider. Il n’y a que quand je dors que mes plumes commencent à repousser. Mais lentement, très très lentement. Je vous en prie, mes soeurs, mes frères, apportez-​moi des moustiques à manger, laissez-​moi dormir, et on verra ce qu’il va se passer !”.

Les frères et soeurs se réunirent longtemps. Finalement, les frères en avaient marre et ils allèrent faire un autre nid ailleurs. Mais les soeurs restèrent avec Irina, continuèrent à lui apporter les plus délicieux moustiques qu’elles attrapaient, lui donnaient la becquée comme quand elles étaient petites, et surtout, surtout, elles la laissaient dormir en paix. 

Il y eut besoin de beaucoup de moustiques. Et de beaucoup de siestes. Et de beaucoup de temps. Beaucoup de jours. Beaucoup de semaines. Beaucoup de mois. 

Un beau jour, Irina retrouva suffisamment de plumes. Elle essaya très prudemment. Elle vola jusqu’à l’arbre sans tomber. Elle s’arrêta là, et n’essaya pas d’aller jusqu’à l’étang. Elle se reposa longtemps, et rentra dans son nid. 

Elle pouvait attraper quelques moustiques. Sauf les jours où elle était très fatiguée. Elle ne pouvait pas aller plus loin que l’arbre. Ses soeurs étaient près d’elles et lui apportaient des moustiques quand elle avait faim. 

Ce que disaient les autres ? Ma foi, ça lui était bien égal !


Si cette histoire vous a plu, et que vous aimez dessiner : nous aimerions beaucoup en faire une histoire illustrée pour éditer une brochure gratuite en noir et blanc. Contactez-​nous !

New Report

Close