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En bref
- Résumé point par point en FALC
- Longueur recommandée : 4 à 6 points
Les personnes avec EM ont besoin d’alterner les phases de repos et d’activité et de fragmenter les activités. Cela nous permet de favoriser la récupération et de limiter les efforts.
Trouver notre propre rythme est un élément fondamental de la prévention des MPE. On apprend à prendre notre temps d’une nouvelle manière.
Ce rythme dépend d’abord de notre état (léger, modéré, sévère ou très sévère), mais aussi de notre ligne de base du moment. Il évolue au fil du temps.
Des décennies d’expériences des personnes avec EM ont montré l’intérêt de combiner les méthodes ci-dessous pour alterner repos et activité.
Sommaire
Un planning régulier
Avec l’EM, les phases de repos doivent être réparties tout au long de la journée.
Mettre en place un planning régulier est le point le plus important. Il est recommandé d’établir un planning quotidien et régulier de l’alternance entre repos, activités peu intenses et activités plus intenses.
Ce planning n’est pas établi en fonction des tâches que nous devons faire. Au contraire, il dépend d’abord du repos dont nous avons besoin.
Un bon planning quotidien est celui qui ne laisse pas de place aux Malaises Post-Effort, dans lesquels les symptômes sont quasiment inexistants, et qui nous permet de maintenir notre ligne de base.
Cependant, cet équilibre peut être extrêmement difficile à maintenir à partir de l’état très sévère.
En attendant des témoignages personnels, voici quelques exemples. Attention, ce ne sont pas des recommandations médicales.
Exemple pour état très sévère
- Alitement permanent
- 15 minutes d’activité (lecture, WC, conversation)
- 45 minutes de repos
- deux fois 30 minutes d’activité (pour les repas)
Exemple pour état sévère
- 5 à 6 fois 1h de sieste réparties dans la journée
- Alitement sauf pour 1 à 3 h dans la journée (utilisation d’un fauteuil roulant)
Exemple pour état modéré
- 3 heures de repos de durée variable réparties dans la journée
Les plannings quotidiens peuvent également préciser des durées maximum pour :
- l’activité intellectuelle et cognitive (lire, regarder, réfléchir)
- le temps assis, ou le temps debout, ou la durée de marche
- l’usage d’un écran
- les sorties
- les discussions et interactions
- etc.
Et vous, quel est le planning qui vous permet de garder votre ligne de base ?
Prioriser et choisir ses activités
Parmi la liste des choses que l’on est encore capable de faire (voir Réduire ses activités), on n’est pas forcément capable de toutes les faire le même jour.
Par exemple, si on peut en état modéré aller à une consultation chez son généraliste, préparer un repas, ou prendre une douche, cela ne veut pas dire que l’on peut faire les trois activités la même journée. Même pour une personne en état léger, cela peut déjà être compliqué.
Il est donc important pour les personnes avec EM de choisir quelles activités ont la priorité, selon les jours.
Pour cela, on peut s’aider du questionnaire FUNCAP pour repérer quelles sont les activités qui peuvent être menées de manière routinière et quasiment quotidienne, et lesquelles doivent être menées avec parcimonie.
On peut aussi s’organiser pour trouver des manières alternatives de mener les mêmes activités : c’est la version “économie d’énergie”.
Ainsi, pour continuer avec l’exemple précédent, au lieu de prendre sa douche, aller en consultation et cuisiner le même jour, on peut décider de :
- prendre une douche le lundi, ou faire une toilette minimale au lit.
- aller à la consultation en présentiel le mardi, ou remplacer par une vidéoconsultation.
- demander de l’aide pour les repas ou utiliser des surgelés.
Quelques principes pour bien s’organiser
- Limiter le nombre d’activités par jour pour ne pas dépasser son planning
- Répartir les activités sur plusieurs jours, au lieu de toutes vouloir les faire le même jour
- Reporter ou annuler ce qui n’est pas important
- Remplacer ce qui est important mais fatiguant par une alternative moins fatiguante.
Fractionner les activités
Certaines activités peuvent être hors de nos capacités si on veut les faire d’un seul coup, comme avant d’avoir l’EM.
Mais cela peut être difficile d’y renoncer entièrement.
Une alternative consiste à fractionner l’activité en intercalant des phases de vrai repos. Voici quelques exemples (selon le degré de sévérité) :
Fractionner une vidéo, un podcast
Mettre une alarme pour fractionner une vidéo ou un podcast par intervalles selon ses capacités : 10 minutes, 20 minutes, 30 minutes.
Alterner avec un repos intégral, au moins de la même durée, ou bien répartir l’effort tout au long de la journée, entre le matin, l’après-midi et le soir.
Attention : vidéos et podcast peuvent exposer à un risque élevé de MPE à partir de l’état sévère.
Fractionner la préparation d’un repas
Intercaler des pauses de repos intégral entre les différentes étapes :
- courses (par exemple, la veille)
- préparation des ingrédients
- cuisson
- prise du repas
- débarrasser
- nettoyer (par exemple, le lendemain)
Attention : la préparation des repas est un risque élevé de MPE pour toutes les paEM. Il est recommandé de limiter les gestes et les efforts au maximum. Les états sévère, très sévère et extrêmement sévère sont incompatibles avec la préparation des repas.
Fractionner les douches
Utiliser un peignoir. Intercaler des pauses de repos intégral entre les principales étapes. Au cours de la douche, intercaler des pauses pour la détente, avec respiration profonde immobilité.
- Se déshabiller (puis repos)
- Se mouiller (pause)
- Se savonner (pause)
- Se rincer (puis repos en peignoir, allongé’e)
- Se sécher (puis repos)
- S’habiller (puis repos)
Attention : Prendre une douche expose les paEM à un risque de MPE, et est impossible pour de nombreuses personnes à partir de l’état sévère. Il existe une multitude d’alternatives pour faire sa toilette sans prendre de douche.
La “méthode sandwich”
Certains jours, nous devons mener des activités éprouvantes, qui nous portent à nos limites et nous mettent à risque de MPE. C’est souvent le cas des consultations médicales ou examens médicaux.
La méthode sandwich consiste à planifier sa semaine en alternant le jour de l’activité inhabituelle avec deux jours de repos plus intensif qu’à l’habitude.
- Les jours de repos avant et après l’activité doivent être plus intensifs que d’habitude. Les temps de repos sont plus fréquents, plus longs. Les stimulus en phase de veille sont moins importants. Les efforts physiques et émotionnels sont diminués.
- Le repos avant le jour d’activité peut être anticipé, en évitant tout rendez-vous et toute activité, et en restant nettement en-deçà de sa ligne de base.
- Le repos après le jour d’activité doit être prolongé aussi longtemps que nécessaire, tant que des symptômes ou un MPE sont présents.
- Si le risque de MPE est important, on recommande de ne prévoir aucune activité pendant 72 heures et de poursuivre le repos intensif. Cela permet d’éviter une aggravation du MPE.
La méthode sandwich est très différente selon que les personnes sont en état léger ou sévère.
- Pour les personnes en état léger, le repos intensif avant et après l’activité inhabituelle est souvent plus court.
- Pour les personnes en état sévère et plus, le repos intensif avant et après l’activité inhabituelle est souvent plus long. La récupération peut prendre jusqu’à plusieurs semaines. Parfois, la récupération n’est pas possible et l’état général s’aggrave.
Avoir un plan B
Notre santé et notre capacité à produire de l’énergie fluctue tous les jours. Des imprévus surgissent. Selon notre état émotionnel et notre stress, notre capacité peut être diminuée.
Il est donc important d’anticiper et de prévoir des plans B et C afin de s’adapter facilement aux conditions réelles au jour-le-jour.
C’est encore plus important de s’entendre à l’avance sur un plan B quand d’autres personnes sont impliquées dans nos activités.
- Prévenir que vous pouvez annuler à la dernière minute, en fonction de symptômes qui sont indépendants de votre volonté et de votre contrôle.
- Mettre en place un plan B, si jamais le plan A ou le rendez-vous originel ne fonctionne pas. Le plan B peut être un deuxième rendez-vous. Ou bien remplacer une rencontre en vrai par un appel téléphonique.
- Dès que des symptômes ou du stress se manifestent, vous pouvez passer au plan B, ou même reporter à plus tard, ou annuler complètement. N’hésitez pas, c’est pour votre bien !
S’interrompre
Quand on a l’EM, il est très important de s’autoriser à interrompre son activité, même lorsque d’autres personnes sont impliquées.
- Lorsqu’on ressent des symptômes, même légers,
- Lorsqu’on ressent de la fatigue physique, émotionnelle ou cognitive,
- Lorsque les stimulus sont gênants ou douloureux,
- Dès que la fréquence cardiaque est trop élevée,
… dans toutes ces circonstances, il est recommandé d’interrompre son activité, d’arrêter la discussion, de quitter les lieux, de rentrer chez soi.
Comment savoir si on a le bon rythme ?
En effet, il vaut mieux éviter d’organiser son quotidien à partir d’un planning trop chargé pour nos forces. Voici des critères qui peuvent nous aider à percevoir quand nous sommes sur la bonne voie :
- L’absence de MPE
- L’absence ou la minimisation des symptômes
- Un sentiment général de mieux-être
- Le maintien d’une fréquence cardiaque en dessous du seuil anaérobie.
Souvenons-nous que tout ne dépend pas de nous : les fluctuations sont normales et nous ne pouvons pas contrôler notre corps ni notre santé.
Les MPE, nos symptômes, notre mal-être ne sont jamais de notre faute.
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Auteurices
La rédaction de Comprendre l’EM
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