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En bref
- D’abord, on tombe malade avec un virus : la grippe, le covid, la mononucléose. Ou un rhume.
- Ensuite, l’EM arrive. Les signes de la maladie changent. On reste malade tout le temps.
- Parfois, au lieu d’un virus, c’est une bactérie qui déclenche l’EM.
- Ou encore, d’autres évènements stressants pour le système immunitaire :
- une grossesse
- une opération chirurgicale
- une vaccination
- un traumatisme
- Certains gènes ou certaines maladies chroniques favorisent l’apparition de l’EM.
Une Encéphalomyélite myalgique peut être déclenchée dans toutes les catégories de population, quel que soit l’âge, le sexe, le milieu social, le lieu de vie… Que l’on soit en malade chronique ou en bonne santé. Que l’on soit sportif ou non. Que l’on travaille beaucoup ou non. Que l’on soit déprimé, anxieux ou non.
L’Encéphalomyélite myalgique est une maladie très complexe qui implique de nombreux processus physiologiques. Elle ne peut pas être résumée à une, ni même plusieurs causalités simples.
De plus, l’EM se présente de manière différente selon les personnes. Il n’y a pas un seul tableau, mais une multitude de manières de s’exprimer dans le corps, de déclencher certains symptômes ou d’autres.
Sommaire
Les prédispositions à l’EM
On peut retenir trois types de prédispositions.
Prédispositions génétiques
Il existe des facteurs génétiques qui prédisposent au déclenchement d’une EM. La prédisposition signifie que la probabilité statistique augmente dans une population. Ce n’est pas une causalité individuelle. L’EM n’est pas une maladie génétique.
Ces facteurs ne sont qu’une prédisposition :
- des personnes sans ses facteurs génétiques déclenchent quand même une EM.
- des personnes avec ces facteurs génétiques ne déclenchent pas d’EM.
Maladies chroniques préexistantes
Par exemple, dans la médecine clinique et les groupes de patient-e‑s, on remarque que de très nombreuses personnes avec EM ont aussi une maladie qui s’appelle Syndrome d’Ehler-Danlos (SED). La prédisposition n’est pas prouvée, mais c’est une hypothèse.
De même, on peut se poser la question pour les autres comorbidités fréquentes de l’EM. La recherche ne connaît pas encore assez bien le lien entre EM et SED, SAMA, POTS, Fibromyalgie, etc.
Est-ce que ce sont les conséquences d’une même cause ? Est-ce que l’une prédispose à l’autre ? Développer la recherche sur ces questions permettrait de mieux connaître les processus complexes au coeur de ces maladies.
Infections antérieures
Le fait d’avoir eu une infection antérieure qui a affaibli le système immunitaire, et en particulier les microglies, peut prédisposer à l’EM. Les microglies forment la défense immunitaire du système nerveux central (le cerveau).

À retenir : Les prédispositions ne sont pas des causes ni des déterminants. On peut développer une EM sans avoir aucune de ces prédispositions. On peut aussi avoir ces prédispositions et ne pas développer d’EM.
Le déclenchement de l’EM
Les facteurs déclencheurs de l’EM varient selon les personnes.1

Un déclenchement post-infectieux
Une infection virale ou bactérienne peut déboucher sur une EM.
Le cas le mieux connu est le suivant : après une infection aiguë, le ou la patient(e) n’arrive pas à récupérer. Les symptômes de la maladie perdurent pour de longs mois, et des caractéristiques de l’EM font leur apparition, tels les difficultés cognitives, les douleurs musculaires, et les Malaises Post-Effort.
Le cas de la mononucléose et du virus Epstein-Barr2
Environ 95% de la population mondiale adulte a été infectée par le virus d’Epstein-Barr (EBV). C’est un virus de la famille des herpès. Ce virus se transmet principalement par la salive (partager un verre, échanger un baiser, éternuer, etc).
Cependant, seule une très petite partie de l’humanité va développer les symptômes de la mononucléose3 (45/100 000 soit 0,05%). L’infection chez les jeunes enfants présente peu de symptômes. Ce sont les adolescents et jeunes adultes qui manifestent le plus de symptômes. On l’appelle souvent “la maladie du baiser”. Elle provoque de la fièvre, des maux de gorge, un gonflement des ganglions et de la fatigue, qui peut durer plusieurs mois chez les adolescents.
Parmi les personnes ayant eu une mononucléose, seule une petite partie va développer une EM (environ 1 à 10%). Mais la vie de ces personnes-là va être très fortement chamboulée par la maladie.
Le cas du COVID-19
Depuis fin 2019, le coronavirus SARS-COV‑2 ou COVID-19 circule parmi la population mondiale. Il circule encore aujourd’hui en 2025.
Le COVID-19 a la particularité majeure de se transmettre très facilement. Beaucoup plus facilement que l’EBV : il se diffuse dans l’air. On dit qu’il est aérosol, et que sa diffusion est aéroportée. Pas besoin de s’embrasser pour s’infecter, il suffit d’être dans la même pièce.
Depuis 2019, le covid s’est énormément diffusé avec plusieurs vagues par an à l’échelle mondiale, et a énormément muté. La majorité des humains ont subi plusieurs infections covid, à chaque fois avec un nouveau variant. À chaque ré-infection, le risque de contracter l’EM augmente. Le risque de contracter d’autres maladies chroniques graves également (cardio-vasculaires, cérébrales, immunitaires, etc.), que l’on retrouve dans la grande famille du Covid Long.
La recherche estime que le risque de contracter un Covid Long après un COVID est de 10%.
On estime aussi que le risque de contracter une EM quand on a le Covid Long est de 50%.
Les infections bactériennes
-à suivre-
Les facteurs de stress du système immunitaire
Il n’y a pas que les infections qui portent atteinte au système immunitaire. Celui-ci est extrêmement complexe et peut être activé dans des circonstances diverses. Parfois, il est suractivé et stressé de manière disproportionnelle. Ces évènements peuvent être des déclencheurs de l’EM :
- Pendant la grossesse. En effet, grossesse et accouchement sont de véritables épreuves pour le corps humain, et sollicitent énormément le système immunitaire.
- Les opérations chirurgicales. Par définition, les actes chirurgicaux sont stressants pour le système immunitaire. Car en coupant la peau et en insérant des corps étrangers, ils stimulent des réponses immunitaires.
- Les traumatismes (tels des accidents ou des agressions) sollicitent également le système immunitaire.
- Enfin, la vaccination, méthode très efficace pour protéger la population contre des virus mortels et handicapants, sollicite le système immunitaire. Elle peut dans des cas rares mais présents, déclencher une EM.
Le stress, une circonstance aggravante
Quand survient l’élément déclencheur et tout au long de la période de récupération, le stress qu’il soit physique, émotionnel ou mental, peut contribuer à faciliter le déclenchement d’une EM.
Comment l’EM se perpétue et s’installe
On pense aujourd’hui que l’EM résulte d’une interaction entre le système nerveux central (le cerveau), le système immunitaire, le système hormonal et le système musculaire.
Après le déclenchement, les dysfonctionnements se multiplient dans ces différents systèmes, et on pense qu’il existe un renforcement ou une sorte d’effet domino entre eux.

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Auteurices
La rédaction de Comprendre l’EM
Mise à jour
- https://meassociation.org.uk/wp-content/uploads/CAUSATION-WHAT-DO-WE-KNOW-ABOUT-THE-CAUSES-OF-MECFS-FEBRUARY-2020.pdf ↩︎
- https://www.meresearch.org.uk/me-cfs-and-epstein-barr-virus-ebv-some-facts/ ↩︎
- Tyring S, Moore AY, Lupi O (2016). Mucocutaneous Manifestations of Viral Diseases : An Illustrated Guide to Diagnosis and Management (2 ed.). CRC Press. p. 123. ISBN 978–1‑4200–7313‑3. Archived from the original on 2017-09-11. ↩︎